Mandoline: gamme tourne, tourne en rond

Mandoline: gamme tourne, tourne en rond

Par Jean Comeau

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Une répétition d'orchestre trop tôt le matin? Un enregistrement quelques minutes seulement après trois heures d'autobus? Une performance imprévue? Ou tout simplement pour commencer la pratique quotidienne? Rien de tel qu'un petit réchauffement vite fait, bien fait mais, surtout, efficace.

Chacun a son truc. Et c'est toujours plaisant de partager celui des autres! On met ça en banque… on sait jamais… Voici donc le mien.

 

Une routine de réchauffement

J'ai développé ma routine de réchauffement en me fondant sur une proposition de Chris Acquavella et Alison Stephens dans leur Mandolin Companion (p. 8).  On observe qu'à partir d'un nombre limité de dispositions des doigts de la main gauche, on peut jouer toutes les gammes, majeures, mineures ainsi que leurs arpèges.

Prenons la disposition suivante: 1er doigt—espace—2e doigt—espace—3e doigt—4e doigt. Commençons la routine sur la corde de sol, 5e touche: Do. Nous avons Do—espace—Ré—espace—Mi—Fa. En déplaçant la main sur la corde de Ré tout en gardant la même disposition des doigts nous avons le reste de la gamme majeure. Redescendons la gamme de la même façon.

 

 

Revenu à Do, jouons l'arpège suivant: corde de Sol: doigts 1—3 (Do—Mi); corde de Ré: doigts 1—3 [moins 1/2 ton]—4 (Sol—Si bémol—Do). Redescendons cet arpège. Nous venons de jouer l'arpège de septième de dominante sur Do dans la tonalité de Fa; cet arpège nous invite à jouer une nouvelle gamme dans la tonalité de Fa.

 

 

Après avoir complété gamme et arpège sur Do, la nouvelle tonalité (Fa) se retrouve deux touches en arrière sur la corde supérieure, donc la 3e corde, soit la corde de Ré. Jouons gamme et arpège de septième en commençant sur ce Fa. L'arpège de septième nous invite à jouer en Si bémol. Cette nouvelle tonalité se retrouve aussi deux touches en arrière sur la corde supérieure, soit la corde de La.

 

 

 

Aller plus loin

L'arpège de septième dans la tonalité de Si bémol nous invite à jouer dans la tonalité de Mi bémol. Comme on ne peut reculer de deux touches pour avoir ce Mi bémol, il suffit de revenir sur la corde de Ré sans se déplacer sur le manche pour avoir notre nouvelle tonique, Mi bémol. Gamme et arpège sur Mi bémol, on doit aller en La bémol. Encore une fois, la tonique se retrouve en revenant à la corde de Sol, sans se déplacer sur le manche.

Gamme et arpège sur La bémol et nous avons terminé le premier cycle de la routine; l'arpège nous invite à jouer en Ré bémol.

Pour jouer le deuxième cycle de la routine il faut reprendre la même séquence en échangeant le 4e doigt par le 1er qui est notre nouvelle tonalité de Ré bémol.

Si on joue cinq fois cette séquence, on revient à Do sur la corde de Sol, notre point de départ.

Nous venons donc de jouer deux fois toutes les gammes majeures du cycle des quintes.

 
 

 

Synthèse

Mais ce qui est intéressant, c'est que pour toutes les gammes, sauf celles de Fa, Fa dièse—Sol bémol et Sol, nous les avons jouées sur des cordes différentes, dans des positions différentes. Nous avons joué la gamme de Do sur les cordes 4+3 et  2+1; la gamme de Si bémol sur 2+1 et 4+3; la gamme de Mi bémol sur 3+2 et 4+3; la gamme de La bémol sur 4+3 et 3+2; la gamme de Ré bémol—Do dièse sur 4+3 et 2+1; la gamme de Si—Do bémol sur 2+1 et 4+3; la gamme de Mi sur 3+2 et 4+3; la gamme de La sur 4+3 et 3+2; la gamme de Ré sur 4+3 et 2+1.

Autre bénéfice de cette routine c'est qu'on joue trois fois en demie-position, quatre fois en deuxième, cinq fois en troisième, deux fois en quatrième, et une fois en cinquième.

Évidemment, on peut varier les motifs rythmiques afin de faire travailler la main droite autant que la gauche.

 

 

 

 

Généralement, 25 gammes et arpèges plus tard, on est prêt à affronter n'importe quelle partition! Sinon, on peut toujours recommencer!

 

Jean Comeau pour Mando Montréal

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Jean a étudié le piano, et s'est adonné aux Concertos de Chopin. Il a également touché à la composition sérielle, la flûte traversière, l'orgue et le chant. Professeur de français et de théâtre au secondaire, il a fondé la compagnie de théâtre du Bateleur pour laquelle il a écrit, composé, confectionné des costumes et construit des décors pendant 17 ans. Aujourd'hui retraité de l’enseignement, Jean s’adonne à temps plein à sa nouvelle passion : la mandoline.